La théorie des dominos !

La théorie de George Walter Bush et des néo conservateurs américains, sera dorénavant inscrite sur les tablettes de l’histoire de l’humanité, comme « la théorie des dominos », la mieux réussie de ce siècle.

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L’idée du « Grand Moyen-Orient », les fuites WikiLeaks
et la « théorie des dominos »

A – Projet du « Grand Moyen Orient » et « l’Américan Enterprise Institute » :

Lorsque le Président George Walter Bush, a pris la parole ce mercredi 26 février 2003, devant un auditoire composé de personnalités influentes, affiliées au fameux « Institut de l’Entreprise Américaine pour la Recherche sur les Politiques Publiques » (Américan Enterprise Institute of Public Policy Research – AEI ), fondé en 1943, tous des membres néo conservateurs, pour évoquer le projet échafaudé par les Etats-Unis, qui tend à restructurer le monde arabo musulman, était-il réellement persuadé du bien fondé d’un tel programme et de sa fiabilité, ou avait-il une autre idée derrière la tête ?

Depuis la création de l’AEI en 1943, beaucoup de ses adhérents ont participé à l’exercice du pouvoir au sein de l’Administration américaine, quand ils n’ont pas été désignés pour occuper des postes dans des commissions gouvernementales stratégiques. Du temps du Président George Bush, plus d’une vingtaine de ces personnalités faisaient partie de ce ghota, dont on peut citer par exemple : Paul Wolfowitz, ancien directeur de la Banque Mondiale et ancien secrétaire d’Etat américain à la Défense, l’architecte principal de l’invasion de l’Irak, John Bolton, ancien sous secrétaire d’Etat, et ancien représentant permanent des Etats-Unis à l’ONU (2005-2006), Lee Raymond, le P-DG d’ExxonMobil, Jeane Kirkpatrick, également ancienne ambassadrice aux Nations Unis, qui était le chef de file du lobby pro israélien à l’ONU, Richard Perle, conseiller dans le « United States Défense Politicy Board » ou encore Lynne Cheney, l’épouse de Dick Cheney etc.

B – Doctrine de remodelage des américains :

La « guerre global contre le terrorisme » (Global War on Terror - GWOT) est l’une des appellations attribuées par l’administration du président George W. Bush à ses interventions militaires, exécutées en réponse aux attentats du 11 septembre 2001. Lors de son discours sur l’état de l’Union le 24 janvier 2004, George Bush se prononça ainsi : « Tant que le Moyen-Orient restera un lieu de tyrannie, de désespoir et de colère, il continuera à produire des hommes et des mouvements qui menacent la sécurité des États-Unis et celle de nos amis.

Aussi, l’Amérique poursuit-elle une stratégie avancée de liberté dans le Grand Moyen-Orient , jetant ainsi les assises de ce qu'on appellera désormais la « théorie de George Walter Bush ». Des critiques virulentes fuseront d’un peu partout, assimilées à une levée de boucliers contre une telle initiative de partenariat, qui faisait de l’ombre volontairement sur les spécificités internes des Etats en question, sur leurs dissensions et sur leurs choix politiques. Hassan Ibn Talal, dira ceci (journal Al-Hayat, du 16 juin 2004) : « L'initiative du Grand Moyen-Orient, peut provoquer à fortiori le risque de perversion du statu quo régional, trop commodément soutenu, mais qui s'est avéré être l'incubateur de graves dysfonctionnements ». Donc les américains étaient bien obligés de revoir leur copie.

C – Deuxième texture revue et corrigée :

Une deuxième texture revue et corrigée, sera adoptée, par les dirigeants du G8, sous le thème de « Partenariat pour le progrès et pour un avenir commun avec le Grand Moyen-Orient », lors du sommet qui s’est déroulé à Sea Island (Etat de Georgie/USA), du 8 au 10 juin 2004. Le projet fut discuté une seconde fois, lors de la réunion des pays de l’OTAN, le 28 et le 29 juin 2004 à Istanbul (Turquie). Cette fois ci, c’est le volet militaire qui sera ausculté à la loupe, car le programme inclut en toile de fond, des interventions armées de grandes envergures. L’invasion de l’Afghanistan en 2001 puis celle d’Irak en 2003, faisait déjà partie du plan en question, bien avant que les américains ne le rendent public.

La machination hourdie par les néo conservateurs américains, réunis derrière le président George Bush, le vice-président Dick Cheney et le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, consistait à triompher des pays qui instrumentalisaient le terrorisme, et à étendre par là l'influence des Etats-Unis dans ces régions stratégiques du globe, où le pétrole coule à flots, prônant pour cela un grand coup de pied dans la fourmilière. L’option militaire préconisée, n’a fait que pousser à l'enlisement des conflits afghan et irakien. En Irak, les américains se sont retrouvés confronter à une lutte fratricide sanglante, entre factions rivales chites et sunnites.

D – Le plan de rechange :

Entre temps, il fallait réfléchir à un plan de rechange audacieux, qui leur permettra de sauver la face et de tirer leur épingle du jeu à moindre frais. Ce scénario consiste à inciter ces populations à s’auto libérer de l’emprise de leurs dirigeants, qui s’éternisaient à leurs postes, tout en refusant tout compromis de réforme. C’est à ce moment précis, qu’intervient la parution dans les médias des télégrammes échangés, entre le Département d’Etat américain et les diverses ambassades US, implantées dans les pays dont les noms figuraient préalablement dans le projet « Grand Moyen Orient ». Pascal Boniface, le directeur de l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques), a déclaré un jour : « Les Etats-Unis, ont prôné le modèle du coup de pied dans la fourmilière, y compris par la guerre. Le bilan de celle d’Irak apparaît largement et globalement négatif.

Les adversaires de cette politique estiment que l’on peut appuyer de l’extérieur un mouvement démocratique, mais que celui-ci doit avant tout être le fruit d’un processus interne ». Des informations croustillantes et insolites, sur des scandales politico financiers qui frôlent l’indécence, enrichissements illicites des dirigeants prédateurs des pays visés et de leurs progénitures, ont incité les jeunes et les moins jeunes à occuper la rue, avec toutes les conséquences que l’ont sait : Tunisie, Egypte, Libye, Yémen, Bahreïn, Maroc, Jordanie, Syrie etc., afin de pousser la classe politique responsable de ces faillites récurrentes, tant sur le plan politique, qu’économique vers la porte de sortie, d’où l’appellation emphatique d’un tel scénario de « printemps arabe ». Similitude flagrante avec la « révolution des couleurs » initiée par les USA, en Europe de l’Est en l’an 2000 et la chute du président Slobodan Milosevic.

E – Les menaces proférées et bruits de bottes :

Les prémices de ces menaces émergentes, remontent au 6 mai 2002. Alors qu’il donnait une conférence à « The Héritage Foundation », le plus important think tank conservateur américain, le sous-Secrétaire d’Etat John Bolton, annonçait déjà la couleur : « Que la Syrie et la Libye, venaient de rejoindre l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord, dans la liste noire de l’axe du mal ». Sa philosophie était la suivante : « Le droit international ne serait qu’une simple vue de l’esprit, puisqu’il n’y a pas de sanctions contre les contrevenants ». Le 3 octobre 2007, c’est au tour du général de corps d’armée Wesley Clark, l’ex commandant en chef de l’Otan de monter au créneau, en énumérant sans la moindre ambiguïté, lors d’une conférence donnée à San Francisco, les pays ennemis que les Etats-Unis rayeront de la carte, dans les 5 années à venir : Irak, Syrie, Libye, Liban, Soudan, Somalie et l’Iran, qui veut se doter de l’arme nucléaire.

Il a en outre affirmé, que l’invasion de l’Irak et de la Libye, ainsi que plusieurs autres pays du Moyen Orient, était prévue d’avance et réglée de longue date. Les plans relatifs au démantèlement de ces pays, avaient été arrêtés 10 jours après le 11 septembre. Dick Cheney, le « faucon » de l’Administration Bush, a consigné dans ses mémoires qu’il a publié, sous le titre « In My Tim » (de mon temps) : « Je ne regrette ni la guerre en Irak, ni les interrogatoires musclés contre nos ennemis ! », pour ajouter ensuite : « En 2007, j’aurais volontiers bombardé la Syrie ». La théorie de George Walter Bush et des néo conservateurs américains, sera dorénavant inscrite sur les tablettes de l’histoire de l’humanité, comme « la théorie des dominos », la mieux réussie de ce siècle.

Abdelkader MAIDI

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